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Journées Mondiales de Prière à Antibes-Juan-les-Pins


Église réformée de France à Antibes, Cagnes-sur-Mer et Vence

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Journée Mondiale de Prière - rencontre 2010 Antibes-Juan-les-Pins / France

Par JMP Antibes :: 04/03/2010 à 11:32

 

 

Le vendredi 5 mars 2010 à 15 h 00

au temple d'Antibes,

7 av. Niquet

 

 

« Que tout ce qui respire loue le Seigneur »

 

 

Communiqué de presse du Comité suisse :

Cameroun – l'Afrique en miniature

La République du Cameroun se situe sous l'équateur, au centre de l'Afrique et à l'extrémité du golfe de Guinée. Le Nord est séparé du Sud par le massif de l'Adamaoua auquel appartient le Mont Cameroun, un des plus grands volcans actifs d'Afrique. Son sommet de plus de 4000 m est la plus haute montagne d'Afrique occidentale et il est même parfois recouvert de neige. Le plateau de l'Adamaoua est un immense réservoir d'eau pour tout le Cameroun. Diverses zones climatiques influencent la végétation et la façon de vivre de la population. La région saharienne du Nord a une saison sèche qui dure de 7 à 8 mois, alors que la région équatoriale a 7 à 8 mois de précipitations annuelles. Sur les hauts plateaux occidentaux règne un climat tempéré doux.

En 1884, la souveraineté allemande est proclamée au Cameroun qui est ensuite placé sous mandat de la Société des Nations en 1919. Celle-ci attribua les 4/5 du pays à la France et le reste à l'Angleterre. En 1945, tout le territoire camerounais est placé sous la tutelle des Nations Unies. En 1960 la partie française accède à l'indépendance. Après un référendum d'autodétermination, le Cameroun britannique est divisé en deux parties. La population du Cameroun britannique septentrional, majoritairement musulmane, choisit d'être rattachée au Nigeria tandis que les habitants du Cameroun britannique méridional, majoritairement chrétiens et animistes, votent le rattachement au Cameroun français. En 1972, après différentes réformes, la République Unie du Cameroun est proclamée. Aujourd'hui, la population du pays, qui depuis 1984 se nomme la République du Cameroun, est estimée à 18 millions.

Le Cameroun est riche en ressources naturelles et en productions agricoles. Grace à la diversité du paysage, de la flore et de la faune, le pays s'est développé en direction du tourisme.

60% de la population est chrétienne. Beaucoup d'Eglises sont impliquées dans l'aide sociale telle que l'instruction, la santé et le développement de la communauté. Bien que le Cameroun ait ratifié la Convention des Nations Unies sur l'élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes, la place de celles-ci est encore affectée par les tendances patriarcales. Mais les Camerounaises déploient tous leurs efforts pour que les droits des femmes soient garantis. Elles sont impliquées dans la lutte pour la paix, la justice et l'intégrité dans leur pays. Elles aident les malades du sida et de la lèpre; elles mettent tous leurs talents et leurs ressources à la disposition de leurs enfants qui sont le centre de leur existence.

Malgré un quotidien difficile, les femmes qui ont rédigé la liturgie de la Journée mondiale de prière du 5 mars 2010 placent la louange de Dieu au premier plan. Le thème tiré du Psaume 150 "Que tout ce qui respire loue le Seigneur" relie toutes les personnes qui dans plus de 170 pays célébreront cette journée. Tout autour de la terre, avec beaucoup de joie, de musique et de chants les mêmes prières et intercessions s'élèveront pour s'unir dans une louange commune.

Dans de nombreuses paroisses de notre pays, des femmes préparent cette célébration oecuménique et invitent toutes les personnes à s'engager, au travers de cet événement, pour la paix et la justice.

 

À Antibes

*

Prédication pour la JMP

Vendredi, 05 mars 2010

Martine-Blanche Yéble Oga-Poupin


L'année passée (2009), les femmes de Papouasie nous ont proposé pour thème « En Christ, beaucoup de membres, mais un seul corps ».

Quant au texte de méditation, il a été tiré du livre des Actes des apôtres en son chapitre 4 au verset 32 qui dit ceci : “La multitude de ceux qui étaient devenus croyants n'avait qu'un cœur et une âme et nul ne considérait  comme sa propriété l'un quelconque de ses biens; au contraire, ils mettaient tout en commun.”


Cette année (2010), les femmes Camerounaises nous invitent à louer le Seigneur avec la chute, c'est-à-dire, le dernier vers du Psaumes 150 qui dit : « que tout ce qui respire loue le Seigneur ! »

Pour texte de méditation, les Camerounaises nous soumettent le ministère tumultueux de Paul et Silas, ministère fait tantôt de succès, tantôt de revers dans le chapitre 16 du livre des Actes des Apôtres. Que se passe-t-il exactement ?

Nous sommes au tout début de l'église. L'apôtre Paul, jadis incroyant et blasphémateur, persécuteur des chrétiens, mais, converti à Dieu sur le chemin de Damas est en pleine effervescence dans son ministère d'évangélisation. Le zèle, la dévotion le dévorent. Il parcourt les zones qui lui sont accessibles en son temps pour annoncer la bonne nouvelle de Jésus-Christ de Nazareth. Ainsi, après la Syrie et la Cilicie, il gagne Derbé et Lystres. Là, sur témoignages des chrétiens de Lystres et d'Iconium, il circoncit Timothée pour le rendre conforme aux exigences des apôtres et des Anciens de Jérusalem. De ville en ville, il propage la parole de Dieu avec ferveur, fougue et détermination. Les communautés qu'il fonde sur son passage croissent, se fortifient et la parole du Dieu vivant se propage à une vitesse hors du commun ! Accompagné de Silas, ils arrivent en Phrygie et en Galatie. Là, l'esprit de Dieu leur recommande de renoncer à l'évangélisation de l'Asie. Une fois au aux confins de la Mysie, au point de rentrer à Bithynie, là encore, l'esprit de Dieu leur interdit d'y entrer. Ils prennent la direction de Troas. De là, ils entrent à Samothrace et à Néapolis puis enfin, à Philippes. Et là, ordre leur est donné de passer en Macédoine ! Vrai moment pathétique pour les Européens que nous sommes. En effet, ce passage de Paul et Silas en Macédoine caractérise l'entrée de l'évangile en terre européenne !

De la même manière que face à la fureur du roi Hérode, l'enfant Jésus se réfugia en Egypte, en Afrique, et bien plus tard avec Philippe, l'eunuque éthiopien, qui, par son baptême, reçut le Dieu vivant de Jésus-Christ pour l'Afrique ! Ce sont là, deux autres évènements bibliques, néotestamentaires qui caractérisent le passage de l'évangile en terre africaine, comme le passage de Paul et Silas en Macédoine caractérise le passage de l'évangile en terre européenne.

Bref, à Thyatire, une femme, nommée Lydie, exerçant la profession de marchande de pourpre, après avoir été convertie et baptisée par Paul et Silas, se propose de les accueillir pour les loger. De là, ils poursuivent leur ministère d'évangélisation.

Avant de continuer, il y a un détail non moins négligeable qu'il convient de souligner : C'est que, dans cette ville de Thiatyre, ils étaient de nombreux hommes et femmes, à avoir rencontré Paul et Silas, à écouter leurs enseignements, mais, curieusement, seule une dame, Lydie, a offert l'hospitalité aux deux ouvriers de Dieu. Comme quoi, entre le Dieu tout-puissant, père de notre Seigneur Jésus-Christ et les femmes, c'est une vieille et longue histoire d'amour. Alléluia !

Bravo les filles !!!!

En tout cas, c'est de chez Lydie, que le jour du sabbat, les deux missionnaires Paul et Silas se rendaient à la prière lorsqu'ils vont rencontrer sur leur passage, cette jeune esclave possédant l'esprit de python, et dont la délivrance, va être la cheville ouvrière des déboires de nos deux missionnaires.

Trois questions s'échappent immédiatement de l'épisode de l'arrestation et de l'incarcération de Paul et Silas.

1)-Premièrement, qu'est-ce qui pousse Paul et Silas à délivrer la jeune esclave ? Est-ce pour l'esprit de python qu'elle possédait ou pour le fait que cette dernière les harcelait à chacun de leur passage ?

2)-Deuxièmement, qu'est-ce qui a motivé les châtiments et autres sévices corporels infligés à Paul et Silas, et pourquoi leur incarcération ?

3)-Troisièmement, quel enseignement tirer de l'exemple de Paul et Silas ?

Face à ces trois questions, trois réponses s'imposent. Ce sont :

1) L'exploitation du faible, du pauvre et l’extorsion,

2) le faux témoignage,

3) la capacité d'adaptation du chrétien.

Venons-en au premier point.

1) L'exploitation du faible, du pauvre et l’extorsion

Paul et Silas ont délivré la jeune fille esclave pour mettre fin à l'exploitation abusive dont elle était victime de la part de ses maîtres cupides. En effet, pour ces derniers, les pratiques divinatoires de la jeune esclave étaient une source d'enrichissement sans précédent. La bible, parlant de la jeune esclave nous dit que « ses oracles procuraient de gros gains à ses maîtres » ! Voilà ce que Paul et Silas ont décidé d'abréger. Les deux missionnaires ont courageusement délivré la jeune esclave de son esprit de python pour l'empêcher de continuer à être la mascotte d'individus cupides, véreux et sans scrupules. Qu'en est-il de nous aujourd'hui où l'exploitation du pauvre, du plus démuni, du plus précaire reste une activité marchande au niveau planétaire sans que nos consciences de chrétiens en soient interpellées ?

Sur place même en Afrique où se trouve le Cameroun que nous célébrons aujourd'hui, que font les chrétiens face aux manquements des droits humains les plus fondamentaux ? Les expéditions punitives, les tortures injustifiées, l'avilissement du pauvre, les exécutions sommaires d'individus considérés comme sorciers et malfaisants, tout simplement parce que ces personnes ont une apparence physique différente de ce qui est jugée normale : soit qu'ils sont nés jumeaux, soit qu'ils nés albinos, soit qu'ils sont nés handicapés physiques ou moteurs, des veuves et orphelins expropriés, des femmes répudiées et dépossédées de tout bien... etc. Ainsi, à cause de leur différence, tantôt ils peuvent être divinisés et considérés comme des mascottes (cas des jumeaux et des albinos dans certaines régions d'Afrique), tantôt, ils sont asservis et maltraités (cas des handicapés, de certaines personnes âgées, de certaines femmes n'ayant jamais eu d'enfants, de certaines femmes ménopausées, de certains pauvres etc.)considérés comme sorciers et traités comme tels ! Battus, humiliés, emprisonnés, torturés jusqu'à la mort dans certains cas, et ce, avec le silence complice d'autorités politiques, administratives, judiciaires et religieuses !

Et qu'en est-il de nos pays du nord même ? Quelle attitude nous avons en tant que chrétiens, pour mettre fins aux souffrances des immigrés, clandestins ou en situation régulière, eux qui sont rendus corvéables à merci dans des métiers dits en tension, eux, qui, en général vivent dans une extrême pauvreté, dans des logements vétustes, n'ayant souvent pas d'assurance maladie, mais dont la présence est absolument nécessaire pour servir les intérêts d’employeurs inciviques, de même que des multinationales déloyales qui s'acharnent à extraire leurs forces vitales, en vue de multiplier les profits ? Nous chrétiens des pays du Sud et du nord, quelle attitude nous avons vis-à-vis de ces personnes qui, au motif de venir en aide aux sinistrés dans les quatre coins du monde profitent des catastrophes naturelles dans les pays du sud, pour arracher, et voler des organes humains aux pauvres si ce n'est voler carrément des enfants à leurs parents ? Je pense au prix d’un rein – la pratique de l’ « achat » d’un rein est avérée ! Quel autre mot que vol pour un tel « achat » ?!

Dans les pays du Nord comme dans les pays du Sud, que disons-nous face aux commerces honteux du sexe par des réseaux de proxénétisme plus que jamais actifs en pleine mondialisation ? Et quelle est notre conduite face aux réseaux mafieux de narco-trafiquants qui compromettent dangereusement l'équilibre de la planète ? Nous chrétiens du monde entier, que disons-nous pour dissuader les pays pollueurs qui détruisent l'environnement et font peser de lourdes menaces sur notre planète ? Dans nos sociétés occidentales, comment nous réagissons face au chômage des jeunes, et face à la paupérisation des plus fragiles, et à l'abandon des personnes âgées ?

Ce sont là des questions parmi tant d'autres qui devraient nous interpeller en tant que disciples de Jésus de Nazareth et nous pousser à agir à la manière de Paul et Silas. En effet, nous vivons une époque où la jeune esclave délivrée par Paul et Silas revêt de multiples formes sans que les souffrances que ces formes multiples engendrent ne varient d'un pays à un autre, d'une région à une autre ! D'où, la vigilance devrait être de mise dans les rangs des chrétiens que nous sommes.

Ceci dit, passons maintenant à la deuxième question que soulève notre texte :

qu'est-ce qui a motivé les châtiments et autres sévices corporels infligés à Paul et Silas, et pourquoi leur incarcération ?

2) Le faux témoignage : En effet, vexés de savoir que Paul et Silas leur ont coupé les vivres en délivrant leur mascotte de son esprit de Python, ses maîtres s'en iront voir les hommes de pouvoir au sein de la cité pour dénigrer Paul et silas. Sur la base de faux témoignage, les deux missionnaires seront mis aux arrêts, battus, humiliés, et incarcérés !

Le faux témoignage, la calomnie, le dénigrement mensonger, voilà des types d'actions malveillantes que quelques individus battus sur le terrain de la foi et de la loi peuvent utiliser contre les hommes et les femmes épris de justice et de paix, ces hommes et ses femmes qui luttent au quotidien à travers le monde pour empêcher le mal de prospérer. Ici en France, l'histoire du Capitaine Dreyfus, ailleurs dans le monde, l'exemple de Mehdi Ben Barka au Maroc, en Afrique subsaharienne, les exemples d'opposants politiques torturés, emprisonnés injustement ou carrément assassinés parce que faisant ombrage au régime.... Les exemples sont légion. Mais, pour ce qui concerne les chrétiens la parole de Dieu est formelle : « Tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain. » Exode 20:16.

Troisième question soulevée par notre texte : quel enseignement tirer de l'exemple de Paul et Silas ?

3) La capacité d'adaptation du chrétien : le chrétien véritable, il s'adapte à toute situation. En prison, il prie son Dieu. En liberté, il prie son Dieu. Dehors, en plein air, sous les vents, sous la pluie, sous le soleil ardent, il prie son Dieu. Dans les abîmes comme dans les océans, sa louange monte au Seigneur. Dans le malheur comme dans le bonheur, son zèle pour son Dieu ne saurait tarir. Car c'est Dieu qui brise les chaînes du désespoir. Paul et Silas ne l'ignoraient guère. Et voilà pourquoi, même en prison, ils n'ont cessé de louer l'Éternel jusqu'à leur libération.

L'amour de Dieu envers ses enfants se manifeste partout où ils se trouvent, et il ne leur fait jamais défaut. Même dans la précarité et dans la désolation les plus absolues, Dieu nous manifeste toujours sa bonté et voilà pourquoi il convient de le louer en tout temps et tout lieu.

A ce sujet, voilà ce que la Bible nous dit : « Qui nous séparera de l'amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée ?

selon qu'il est écrit : C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.

Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.

Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. » Romains chapitre 8 v. 35 à 39.

Alléluia ! Louons le Seigneur !

 

Martine-Blanche Yéble Oga-Poupin
Prédication de la JMP (Journée Mondiale de prière)
Antibes, vendredi 05 mars 2010



Journée Mondiale de Prière - rencontre 2009 Antibes-Juan-les-Pins / France

Par JMP Antibes :: 23/02/2009 à 14:58

 

JMP - 2009

PAPOUASIE - NOUVELLE GUINÉE

"En Jésus-Christ, plusieurs membres, un seul corps"

Célébration à Antibes / Église du Sacré-cœur, rue Chaudon
Vendredi 6 mars à 15 h 00

 

Cette année, la liturgie la Journée Mondiale de Prière a été élaborée par les femmes chrétiennes de Papouasie-Nouvelle Guinée. Ce pays aux antipodes possède la plus grande diversité culturelle du monde (environ 20% de toutes les langues parlées sur la terre). Comme le dit leur proverbe : « Dans chaque village, une culture différente ». Un des grands défis est alors de maintenir la communication entre tous. D’autres problèmes sont l’exploitation minière et forestière qui détruit l’environnement naturel, et la violence omniprésente. Dans ce contexte, les femmes prennent conscience qu’elles peuvent changer le cours des choses, quand elles s’engagent, hors des sentiers battus, s’il le faut. 

Photo 1 : Le sac sur l’affiche est un « bilum », sac traditionnel que les femmes portent en mettant la lanière sur le front. Mais ce symbole a été considéré comme trop peu universel, d’où la seconde affiche. 

Photos 2 et 3 : Cette autre croix, comprend des objets et figures traditionnelles de la Papouasie Nouvelle Guinée. Elle nous fait entrer dans un monde riche de traditions et d’objets artisanaux d’une vie agraire et maritime. Chaque jour de travail participe à la louange de la création, et donc du créateur.

 

 

 

JMP 2009 Papouasie -Nouvelle Guinée
“En Christ, beaucoup de membres, mais un seul corps”
 Romains 12: 4-13,14-21; Exode 2:1-10; Actes 4:32-35


 

Prédication de Anne GEORGES,
Église évangélique "Galaxie" - Antibes :

 

“La multitude de ceux qui étaient devenus croyants n'avait qu'un coeur et qu'une âme et nul ne considérait  comme sa propriété l'un quelconque de ses biens; au contraire, ils mettaient tout en commun.”
Les femmes de Papouasie-Nouvelle Guinée nous rappellent comment opérait la communauté toute naissante de l'Eglise de Jerusalem, et le résultat pour une multitude d'avoir “un même coeur et une même âme”. Les croyants étaient complètement solidaires entre eux: “nul ne considérait comme sa propriété l'un quelconque de ses biens : au contraire, ils mettaient tout en commun”. Pas de problème d'indigence, “chacun recevait une part selon ses besoins”. Voilà ce que solidarité et compassion peuvent produire, et ce à quoi nous, femmes chrétiennes, sommes appelées . Un message à méditer dans notre monde en crise! Voilà aussi l'effet d' ”une grande grâce à l'oeuvre chez eux tous”


La “grâce” traverse tous les textes que nous avons lus, même si ce mot n'est pas employé dans le passage de l'Exode; c'est là où nous est rapporté comment Moïse, bébé destiné à une mort certaine dans le Nil, a été miraculeusement sauvé, et adopté par la fille de Pharaon, celui-là même qui avait décrété la mort de tous les bébés mâles hébreux en ordonnant de les jeter dans le Nil.
Ce bébé sauvé des eaux, c'est lui que Dieu a choisi pour conduire au temps fixé son peuple hors d'Egypte, hors de la maison de la servitude et de l'esclavage.
Il est passionnant de relire l'histoire de Joseph, l'un des douze fils de Jacob, à la fin du livre de la Genèse, et le chapître 1er de l'Exode pour nous remettre en mémoire comment le peuple d'Israël est devenu esclave de l'Egypte.

Moïse a trois mois; sa mère, Jokebed, ne peut plus le cacher J'imagine que la grossesse de cette Maman et les trois mois qui ont suivi sa naissance ont été vécus avec beaucoup d'angoisses et de larmes et de prières; ce bébé qui devrait être source de joie est un fardeau pesant pour ses parents à cause de l'ordre du roi. Le fardeau me rappelle l'image du bilum accroché à la croix que nous proposent les femmes de PNG, image des deux choses qui sont le plus importantes pour elles. 

 

jmp 2009-1.jpg

Le bilum est ce sac-filet dont on parlé en commentant l'affiche. La vie journalière d'une femme de PNG n'est pas imaginable sans bilum. Il l'accompagne sa vie entière.
 Ce filet constitué de fibres végétales tressées artisanalement , est porté sur le front de façon à ce que la charge (bois, légumes,...) soit dans le dos. C'est le premier  “berceau” du nouveau-né. Ainsi les bébés accompagnent leur mère partout. Dès qu'ils peuvent marcher, ils reçoivent “leur” bilum pour les aider à porter des charges qui deviendront de plus en plus lourdes. 


Tel le bilum qui symbolise les fardeaux pour une femme, la croix de Jésus est le signe de leur foi et de leur vie spirituelle , et le lieu où elles peuvent déposer leurs fardeaux.;; Cette image démontre où déposer  les fardeaux pesants de la vie: à la croix.
Il est caractéristique que le bilum n' est pas simplement déposé devant la croix, mais sciemment accroché à la croix en réponse à l'invitation de Jésus :“Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos“ Mt11:28

 

Son fardeau, Jokébed continue de le confier chaque jour dans les prières et les larmes au Dieu de ses pères, et puis un jour a jailli dans son coeur ce plan fou et audacieux de mettre son bébé dans un panier d'osier rendu imperméable par son enduit de bitume, et de le placer sur le Nil (elle a sa façon toute douce et très personnelle d'obéir aux ordres de Pharaon), parmi les joncs qui retiendront le panier pour empêcher le courant de l'emporter, à un endroit où se baigne régulièrement la fille de Pharaon. Et la grande soeur, Myriam, âgée peut-être de 6 ans, se tiendra non loin pour surveiller ce qui va se passer... Chaque détail a été pensé , les repérages ont été pris, les préparatifs accomplis avec beaucoup de douceur, beaucoup d'ingéniosité, et beaucoup de prières. Mais c'est vraiment à Dieu que Jokébed, confie son enfant. On ne redira jamais assez 'importance de la prière des mères, la prière des parents.

 

A cet égard, j'aimerais partager avec vous un passage du livre de John Alexander: Moïse, prince, berger et prophète concernant cet épisode (p12 et suivantes).

 

L'exemple d'Amram et Jokebed devraient parler à de nombreux parents aujourd'hui. Vos enfants sont nés et sont appelés à grandir dans un monde organisé pour les perdre. Peut-être pas sur le plan physique, car pour l'instant aucun gouvernement n'a décrété leur suppression. Mais Satan, le prince de ce monde, a décidé, certes avec plus de détermination encore que le roi d'Egypte d'antan, leur assassinat sur le plan moral et spirituel, et il met tout en oeuvre pour y parvenir.

 

Comme la mère de Moïse, vous avez pu , pendant un temps cacher votre bébé en veillant sur lui jour et nuit. Mais un jour votre petit est parti seul dans la rue, seul à l'école, et il ne vous est désormais plus possible de le soustraire aux influences néfastes venant de l'extérieur. Vous n'avez plus pu choisir son environnement, ses camarades ou ses distractions... Votre petit est devenu grand; il a franchi le seuil ingrat de l'adolescence, et peut-être même que ses réactions, son langage, son attitude à votre endroit, ses sautes d'humeur ou le choix de ses compagnies vous exaspèrent et vous blessent profondément...

 

Mais alors que faire? PRIER et PRIER encore!
Apprenez à moins parler de Dieu à vos enfants et à parler davantage à Dieu de vos enfants! Ainsi vous tresserez en leur faveur une corbeille de jonc, vous la rendrez imperméable au monde et au péché, et même si vous devez l'abandonner aux roseaux du fleuve, Dieu en prendra soin et vos prières ne seront pas vaines. Peut-être n'en constaterez-vous pas présentement les effets tangibles. Sachez cependant qu'elles s'accumulent devant le Seigneur comme un capital qui fructifiera après coup, rapportant des intérets élévés au royaume de Dieu. Vous pouvez être certains que, dans l'éternité, Jokébed et son mari seront récompensés pour leurs actes de foi à l'égard de Moïse. Et il en sera de même pour des milliers de parents qui découvriront lorsqu'ils seront auprès du Seigneur, à quel point la corbeille de jonc qu'ils auront tressée par leurs prières persévérantes aura été efficace pour la protection et le salut de leurs enfants ...ou de leurs petits-enfants.
Car nous les grands-parents devrions aussi redoubler de prière pour nos petits-enfants puisque le monde qui les accueille est encore plus hostile et plus pervers que celui qui avait voulu en son temps la perte de leurs parents!

 

Dans notre récit, trois femmes ont sauvé la vie d'un enfant, trois femmes qui l'une sans l'autre n'auraient pu le faire, trois femmes qui au-delà des barrières sociales, culturelles et religieuses ont eu le courage d'outrepasser l'autorité. “la mère confie son petit enfant, qui ne devrait plus être en vie, à un élément dangereux, l'eau ...; sa fille prend le risque de rester dans les parages et d'aborder la fille de pharaon, alors qu'elle appartient à un peuple esclave; la princesse passe outre l'interdiction de son père et adopte l'enfant d'un peuple haï”.(Notes du comité de préparation suisse”.  Trois femmes qui dans leur diversité ont été unies par la grâce de Dieu.


Cette grâce, on la retrouve aussi dans le chapître 12 de l'épitre aux Romains,que nous avons lue en deux parties (et dans son intégralité, mis à part les 3 premiers versets). Dans l'église de Rome, deux communautés doivent coexister: celle des chrétiens juifs et celle des chrétiens d'origine païenne. C'est difficile pour nous après 2000 ans de christianisme où il y a eu très vite une majorité de chrétiens d'origine païenne de nous rendre compte quel renversement complet des choses cette coexistence a pu représenter, et combien seul le Saint Esprit a pu permettre l'unité. L'un des buts de Paul en écrivant sa lettre est d'harmoniser les relations entre ces communautés. C'est dans ce cadre-là, que Paul est amené à exposer le salut par la foi: Il n'y a de salut , pour le juif comme pour le païen, qu'en Jésus, et uniquement par la grâce accordée par la foi en Jésus-Christ. Dans le chapître 12 qui nous intéresse aujourd'hui, le chrétien est appelé à mettre ses dons au service des autres. “Et nous avons des dons qui diffèrent selon la grâce qui nous a été accordée(v6)”.


Quel est notre don à chacun en particulier?
C'est la responsabilité de chacun de le découvrir et de répondre à cet appel intérieur. En n'exerçant pas son don, chaque membre cause du tort à l'ensemble du Corps. Mais c'est la responsabilité du reste du Corps d'encourager chacun à découvrir et pratiquer le don que Dieu lui a confié pour l'édification commune. Nous devrions nous réjouir de la diversité que nous représentons, comme nous nous réjouissons de la diversité de la nature et de ses formes infiniment multiples. L'unité dans la diversité est un défi, nous ne le savons que trop dans nos familles ou nos communautés, et j'ai l'intime conviction que les femmes ont une vocation toute particulière pour être des liens d'unité où qu'elles soient. C'est en tout cas l'un des messages que nous rappelent aujourd'hui nos soeurs de PNG.
En préparant cette célébration, il m'est revenu une illustration de l'unité du couple dans le mariage, mais on peut facilement en étendre l'enseignement à une famille, ou une communauté, et bien sûr au Corps du Christ. (Je présente mes mains serrées ensemble, les doigts entrelacés). Ceci représente l'unité du mari et de la femme. (Je sépare mes mains et j'en montre une en disant) cette main représente le mari, ( et en montrant les articulations des doigts de cette main) ceci représente les qualités du mari , ses points forts- (puis en montrant les creux entre les doigts,) ces creux représentent ses faiblesses. (je montre l'autre main) Cette main représente la femme qui a , elle aussi ses points forts et ses faiblesses. (Je serre à nouveau mes mains).
Voyez comment, quand on est uni, les points forts de l'un recouvrent les faiblesses de l'autre! Et c'est vraiment par amour que l'on peut vivre l'unité ensemble, et couvrir les faiblesses les uns des autres.

 

Je passe à la seconde partie du texte qui traite de la juste attitude à l'égard des non croyants, y compris ceux qui persécutent l'Eglise. Elle fait écho au sermon sur la montagne: “Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas”. “Ne rendez à personne le mal pour le mal.. si possible autant que cela dépende de vous, vivez en paix ...”
C'est l'Esprit de Jésus qui parle, seul Son Esprit en nous peut le réaliser pour nous.
Peut-être quelques explications sur les versets 19 et 20 dont le sens peut ne pas sembler très clair. “ Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : A moi la vengeance, à moi, la rétribution, dit le Seigneur. “ Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s'il a soif, donne-lui à boire, car, ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête” Paul cite pour ce dernier verset un passage des Proverbes (Pr25:21-22, selon l'ancienne version grecque). Ton ennemi, il s'agit évidemment de celui qui a de l'inimitié pour le croyant . On peut voir dans les charbons ardents, l'ébullition de la conscience, embrasée par le remord, face à la réponse du chrétien au mal, réponse empreinte de bonté. D'où la conclusion, “ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.” C'est l'amour de Jésus qui jaillit du coeur du croyant par Sa grâce qui seul peut toucher son ennemi et l'amener à faire demi-tour.


Pour conclure, j'aimerais revenir sur les injonctions très pratiques de l'apôtre Paul que nous avons entendues tout-à-l'heure qui concernent nos justes attitudes envers les croyants. “Que l'amour soit sincère. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Que l'amour fraternel vous lie d'une mutuelle affection; rivalisez d'estime réciproque. D'un zèle sans nonchalance, d'un esprit fervent, servez le Seigneur. Soyez joyeux dans l'espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière. Soyez solidaires des saints dans le besoin, exercez l'hospitalité avec empressement. (Ro 12: 9-14)
Tout doit se faire dans l'humilité et avec le souci du bien spirituel et matériel d'autrui.
Un tout petit membre de phrase exactement au milieu de cette liste d'exhortations a retenu mon attention quand je l'ai lu dans le texte original:ce qu'on peut lire d'un esprit fervent est littéralement   (soyez) bouillants dans l'Esprit. Il me semble que c'est le coeur de ce passage.
A moins de n'être remplis de Son Esprit, un Esprit qui bouillonne, qui déborde continuellement, il nous sera impossible de vivre selon ce modèle sur nos propres forces. On peut essayer de l'imiter, mais ce qui nous est demandé est de le vivre de l'intérieur par le St Esprit qui nous anime.

 

La clé de tout ce chapître 12 se trouve dans les tous premiers versets que nous n'avons pas lus, et que je vous retranscris maintenant en les paraphrasant à ma manière:  Je vous encourage donc , soeurs et frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à offrir vos corps en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu. On se rappelle que notre corps est le temple de l'Esprit Saint et que nous ne nous appartenons plus nous-mêmes.(1Co 6:19) ; ce sera là votre culte spirituel; c'est-à-dire un culte non cérémoniel ou rituel, qui fait appel à l'intelligence et la volonté. Ne vous conformez pas au monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. L'enjeu est de taille, en prenant chaque matin un moment pour nous offrir à Dieu, nous rappeler que Son Esprit nous habite, et nous laisser remplir à rabord, nous serons à même de vivre la vie que Dieu veut pour nous, faire les choix selon Sa volonté; nous serons rendus capables, tels des saumons, de remonter à contre courant le fleuve ambiant qui nous éloigne toujours plus de Dieu. Nous nous verrons nous-mêmes et nous verrons les autres dans la juste perspective de Dieu, nous mettrons nos dons à Son service pour l'édification commune, dans l'Amour, la joie et la paix, fruit de Son Esprit en nous, et nous serons rendus capables par la vie de Jésus en nous d'être unis aux autres dans la multiple diversité du Corps du Christ, l'Eglise, pour la Gloire de Dieu !

 

 

 

Journée Mondiale de Prière - rencontre 2008 Antibes-Juan-les-Pins / France

Par JMP Antibes :: 13/03/2008 à 11:03

 

 

 

 

JMP 2008
La Sagesse de Dieu renouvelle notre compréhension

Job 28:20-28 Luc 18:1-15

 

 

 

 

 

 

 

JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE – vendredi 7 mars 2008

GUYANA – "Le pays aux mille rivières"

"De nouveau l'Amérique du Sud ?" s'étonnent les habitués de la JMP en apprenant d'où vient la liturgie pour 2008. Le Guyana se trouve bien en Amérique du Sud, mais il est considéré comme un pays des Caraïbes. Il est situé sur la côte septentrionale entre le Venezuela à l'ouest, le Brésil au sud, le Surinam (ancienne Guyane hollandaise) à l'est et l'Océan Atlantique au nord. Le Guyana, - république indépendante depuis février 1970 - est l'ancienne Guyane britannique, c'est pourquoi la langue nationale est l'anglais. C'est un petit pays comprenant environ 760'000 habitants.

Des femmes de 11 Eglises et communautés différentes ont écrit la liturgie de 2008 qui a pour thème "La sagesse de Dieu apporte une compréhension nouvelle". Ces femmes partagent leurs expériences avec leurs sœurs du monde entier et puisent à la source de la sagesse de leurs mères et grand-mères. Les femmes du comité JMP du Guyana soulignent qu'elles sont les héritières de leurs ancêtres qui ont pris part aux révoltes des esclaves, qui ont combattu le pouvoir colonial et qui ont lutté pour les droits des femmes.

Malgré une nature paradisiaque, tout n'est pas rose au Guyana. Les trésors naturels extraordinaires, particulièrement la forêt pluviale (85% de la surface du pays), avec ses plantes, animaux et papillons exceptionnels sont la grande richesse du Guyana mais ils sont également mis en péril par la déforestation et les extractions inconsidérées des richesses du sol (bauxite, or, diamants). Ces richesses génèrent toujours à nouveau des conflits de frontières avec le Surinam et le Venezuela. Une chance de prendre conscience et de garder la particularité de la forêt tropicale humide se trouve dans l'écotourisme. Des chutes d'eau spectaculaires comme celles de Kaieteur et de hautes montagnes (Roraima qui culmine à près de 3000 m) dans l'ouest attirent des voyageurs et des chercheurs. La capitale Georgetown se situe dans le delta du Demerara (env. 34'000 habitants). La région côtière est partiellement située au-dessous du niveau de la mer. De l'aménagement des terres côtières en polders au 17ème siècle, il en est résulté une plaine alluvionnaire des plus fertiles qui longe la côte atlantique. Les zones ainsi créées, agricoles et urbaines, sont protégées par un système de digues et de drainage.

Pour les construire et pour travailler dans les plantations de canne à sucre, des Africains furent amenés et réduits à l'esclavage. Leurs descendants (31%) constituent actuellement, avec les descendants venus de l'Inde (50%), la majorité de la population. Seuls 9,2% sont d'origine amérindienne. Les chrétiens représentent env. 50% de la population, les hindous env. 33% et les musulmans env. 7,2%. Les fêtes religieuses des diverses religions sont célébrées ensemble par toute la population.

La "sagesse de Dieu", dans ses multiples aspects, est au cœur de la liturgie. Le texte biblique principal, mis en scène sous forme de conversation circonstanciée, est la louange de la sagesse tirée du Livre de Job (chap. 28). En complément se trouve le récit de Jésus chez Marthe et Marie. Trouver une compréhension nouvelle de la sagesse est la tâche de chaque jour avec tous ses problèmes et ses défis. Savoir que nous sommes relié(e)s tout autour de la terre nous renforce.

 

 

 

 

 

Prédication de Anne GEORGES,
Église évangélique "Galaxie" - Antibes :

 

 

Deux femmes, deux soeurs, deux caractères ...

Comme ils étaient en route, Jésus entra dans un village, ( il s'agit de Bethanie, à quelques km de Jérusalem, sur le versant Est du Mont des Oliviers), et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison. Marthe est celle qui prend l'initiative, c'est sans doute l'aînée, c'est celle qui organise les choses. Elle reçoit Jésus et ses apôtres, cela fait une petite troupe. Il y a fort à faire, même si comme on peut l'imaginer, elle a de l'aide en cuisine. C'est le principe de l'hospitalité, comme on ne le connait plus en Occident, où l'on se met en quatre pour ses invités. Et donc rien d'étonnant à ce que Marthe s'affaire à un service compliqué, à un multiple service, dans une versionplus littérale.

 

Ce qui est étonnant, c'est que sa soeur Marie ne la rejoigne pas dans ce service. Que fait Marie?
 Tandis que Marthe est debout, courant d'une tâche à l'autre, Marie est assise aux pieds du Seigneur;
tandis que Marthe est agitée par de multiples tâches, Marie est centrée sur les paroles de Jésus;
tandis que Marthe s'énerve parce qu'elle est submergée par les tâches, Marie se repose en Jésus.
Quoi de plus légitime que la requête de Marthe: cela ne te fait rien que ma soeur m'ait laissé seule à faire le service? Dis-lui donc de m'aider? Elles ne seront surement pas trop de deux pour tout le travail à faire et l' interruption des paroles de Jésus que Marthe provoque doit permettre à Marie de le réaliser, avec le soutien de Jésus pour ce service. Que dira-t-il : “Marie, Marie, il y a plus de joie à donner qu'à recevoir ou bien, - si ta soeur te demande un service, fais en deux pour elle! ?

 

Et là le Seigneur nous surprend complètement. Non seulement , il ne va pas donner pas raison à Marthe, mais en plus il va soutenir Marie. Mais que se serait-il passé si Marthe, elle aussi, s'était assise aux pieds de Jésus? (peut-être les apôtres auraient-ils alors interrompu Jésus en demandant à quelle heure on allait manger ?) Non, en recevant Jésus, Marthe s'engageait dans un service , et Jésus en entrant dans la maison le sait, alors que veut-il lui dire?

Regardons de plus près le texte:  Marthe interpelle Jésus; Jésus lui répond en prononçant  son nom deux fois. Il est pleinement conscient de la tempête qui se passe sous le crâne de Marthe. Et j'imagine qu'il dit son nom de sa voix la plus douce, et qu'il répète son nom comme pour la faire sortir de ce cercle émotif où elle s'est emprisonnée elle-même. Marthe, Marthe. Tu te soucies et tu t'agites pour beaucoup,...Tu te soucies: en grec, c'est la même racine du mot que dans la parabole du Semeur, où ce sont les soucis, aussi bien que les richesses et les plaisirs du monde qui étouffent la semence de vie, la Parole de Dieu. Le souci que Marthe se fait pour le service étouffent la Parole de Jésus en elle. Tu t'agites.  Jésus parlait en araméen..En hébreu, La racine RaCHa’ qui  signifie “être agité, inquiet, agité par ses passions signifie aussi  être méchant, injuste.”. La tradition hébraïque nous enseigne donc que d'une façon très insidieuse, l'agitation nous entraîne dans un chemin de perdition
 L'agitation n'est jamais bonne, elle ne nous permet pas de discerner la voix de Dieu. C'est au contraire dans  le calme et la confiance qu'est votre force . (cf Esaïe 30:15) et c'est la condition pour un service efficace. Où trouver ce calme et cette confiance, c'est justement dans la Parole de Dieu. Savoir accueillir l'Invité par excellence, Jésus, Lui qui nous dit: “ je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je dînerai avec lui et lui avec moi.” (Apocalypse 3: 20). C'est à cete communion intime que nous invite Jésus avant tout. Nous centrer  sur l'Essentiel, sur l'Unique,. “Je demande au Seigneur une chose ” dira le psalmiste, “que je désire ardemment, c'est d'habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer sa beauté...” (Psaume 27:4) Une seule chose est nécessaire, dit Jésus à Marthe.


 
Voilà pourquoi Jésus ne va pas répondre à Marthe comme elle s'y attendait. Jésus opère ici un renversement de nos valeurs: Qu'est-ce qui est essentiel? Car on peut passer notre vie à être dans le service , à pourvoir aux besoins de ceux qui nous entourent, et passer à côté de la dimension essentielle: la communion avec Jésus-Christ, être uni à Lui. Car tout dépend de cela “Celui qui demeure en moi, comme moi en Lui porte beaucoup de fruit. Hors de moi,en effet, vous ne pouvez rien faire.(Jean 15:5). Et effectivement le service va suivre, ces oeuvres bonnes que Dieu a préparées d'avance, pour que nous les pratiquions. (Eph 2:10)  Mais la chose essentielle, c'est de se recentrer Jésus, connaître la volonté du Père pour nous. .Ecouter Sa Parole pour rentrer dans la dimension de la famille spirituelle: Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma mère, ma soeur.(Marc 3:35)

Marthe s'est laissée absorbée par les multiples soins du service en oubliant  son but initial: servir Jésus qui apportait dans sa maison la Parole de Dieu, la parole de Vie, la Parole du Salut. Combien ce texte me parle, et combien il est facile de se laisser distraire du but premier, et de se retrouver vidée par beaucoup d'efforts, admirables certes, mais que Le Seigneur ne nous a jamais demandés. Voilà le pourquoi de la devise de la Journée Mondiale de la Prière: “S'informer pour Prier – Prier pour Agir
Et là on retrouve le principe de la sagesse, le commencement de la sagesse.

“Le commencement de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur”. Cette expression ''crainte de l'Eternel'' ou ''crainte du Seigneur'' est souvent mal interprétée par des oreilles contemporaines. On y projette un Dieu vengeur qui inspire la peur, une caricature de Dieu tristement  et .largement répandue autour de nous. Ceci vient du fait que l'on a perdu nos racines juives. Dans la crainte du Seigneur, il y a surtout le mot  Seigneur (Eternel) qui traduit le tétragramme YHWH, nom que Dieu a révélé à Moïse au buisson ardent ( Exode 3:14-15) En révélant son nom, Dieu ajoute: “C'est là mon nom pour toujours, c'est mon nom dont on fera mémoire de génération en génération ”. Il nous faut relire ce oassage de l'Exode pour être pénétré de la sainteté de Dieu communiquée à Moïse. Le tétragramme divin est devenu par respect imprononçable. Dans un texte, le lecteur le remplace traditionnellement par “Adonaï”, mon Seigneur. Dans la conversation, on emploie le plus souvent le mot: Hashem , le nom.
En ce qui concerne le mot crainte, il ne communique absolument pas en hébreu la notion de peur, mais plutôt de contemplation. De ce fait, la crainte du Seigneur traduit une attitude de profond respect envers Dieu, une juste attitude de qui Il est, et de qui nous sommes face à Lui. C'est cette attitude qui permet d'entrer en relation avec Lui. Pour nous en persuader,il faut nous rappeler que Jésus lui-même, était rempli de cette crainte du Seigneur, selon la prophétie d'Isaïe 11:2 concernant le Messie:
L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui: esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. Et son plaisir sera dans la crainte de l'Eternel . (Esaïe 11: 2-3a, version Darby). Alors pour comprendre  véritablement  ce qu'est la crainte de l'Eternel, il faut relire les Evangiles et entendre ce que Jésus nous dit de Dieu, et comment il s'adresse à Lui.

 

Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas retirée” En choisissant de faire un service compliqué, multiple, en choisissant de ne pas aller  à l'essentiel,  Marthe se privait d'entendre la Parole de vie qui entrait dans sa maison, et sa décision touchait aussi sa soeur. Nous avons la possibilité chaque jour de choisir la bonne part, non pas pour rester en contemplation le reste de la journée, mais pour commencer notre journée en écoutant la voix de Celui qui nous a choisis, et qui nous a donné mission d'aller, de porter du fruit, et du fruit qui soit durable (Jean 15:16).

 

Marie était aussi une femme d'action. Elle l'a prouvé six jours avant la Pâque où Jésus fut arrêté et  crucifié. Jésus était revenu à Bethanie chez Marthe, Marie et  leur frère Lazare que Jésus avait ressuscité. Et là, on donna un dîner pour lui. Il est précisé que Marthe servait. Cette sobriété sur le service de Marthe en dit long sur son cheminement. Elle n'accapare plus l'attention pour le service. Elle sert Jésus. Et Marie aussi, à sa manière, en répandant du parfum sur les pieds de Jésus qu'elle essuie de ses cheveux. C'est un geste prophétique que personne ne comprendra autour d'elle,  sauf Jésus. Chacune dans ce passage de Jean 12 a choisi la bonne part. Cette bonne part est différente pour chacune, car  la relation à Jésus est toujours personnelle.

Dieu nous a unis à Jésus-Christ et il a fait du Christ notre sagesse: c'est le Christ qui nous rend justes devant Dieu, qui nous permet de vivre pour Dieu et qui nous délivre du péché. (1Co 1:30 -français courant).

 

Pour conclure, j'aimerais vous laisser une application visuelle sur la place de Dieu dans notre vie, car une démonstration vaut souvent mieux qu'un long discours, et je vais donc vous faire le coup de l'oignon et des grains de riz pour illustrer la place de Dieu dans le déroulement d'une journée. ....

 

 

Que le Seigneur nous permette d' être remplis de la connaissance de Sa volonté, en toute sagesse et intelligence que donne Son Esprit (Col 1:9)Prions aussi pour que nous ne nous conformions  pas aux habitudes de ce monde, mais que nous soyons transformés par  le renouvellement  de notre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. (Romains 12:2)

 

 

 

 

Journée Mondiale de Prière - rencontre 2007 Antibes-Juan-les-Pins / France

Par JMP Antibes :: 05/03/2007 à 7:49



 

Vendredi 2 mars 2007

Des femmes du Paraguay ont écrit la liturgie avec pour thème

Unis sous la tente de Dieu

 

 

26 femmes de 10 Eglises ou dénominations différentes ont rédigé le matériel pour la JMP 2007. Au début de la liturgie, les femmes nous présentent leur pays. Un pays d'intérieur au coeur de l'Amérique du Sud, un pays de collines et de plaines, avec de nombreux fleuves et chutes d'eau, avec une variété de plantes et d'animaux. Nous apprenons également beaucoup sur la vie des femmes.

Le titre "Unis sous la tente de Dieu" reflète ce qui est important pour les rédactrices : quiétude et unité sous la protection de Dieu. Par rapport à ce thème, elles ont choisi deux textes bibliques : l'histoire d'Abraham et de Sara tirée de Genèse 18, 1-15 et un extrait de la lettre aux Ephésiens, chapitre 4, 1-16 (une étude biblique détaillée à propos de ce texte se trouve dans le cahier de préparation "JMP-Info 2007").

Grâce à la collecte, nous financerons au Paraguay différents projets de formation pour des femmes, un centre de formation pour des jeunes ainsi qu'un centre de santé dans la forêt vierge.

L'image de couverture de la liturgie a été créée par une artiste paraguayenne Maria Victoria Servin. Elle représente un ñanduti, un artisanat traditionnel du Paraguay.

 

 

Chaque année, le premier vendredi du mois de mars, la Journée mondiale de prière (JMP)

est célébrée, et ceci dans plus de 170 pays. La JMP est un mouvement de femmes

chrétiennes laïques engagées à l'étendre sur toute la terre. Elle est le plus grand et le plus

ancien mouvement oecuménique de prière. Les textes de prière (la liturgie) sont rédigés

chaque année par des femmes d'un pays différent, ce qui est une de ses particularités. Des

femmes de diverses provenances et de différentes Eglises du Paraguay ont écrit la liturgie

de 2007 sous le titre "Unis sous la tente de Dieu".

PARAGUAY - au coeur de l'Amérique du Sud

Le Paraguay, un pays de l'intérieur, est situé au coeur de l'Amérique du Sud entre le Brésil,

l'Argentine et la Bolivie avec une superficie presque dix fois supérieure à celle de la Suisse.

Sa population est de 5,6 millions d'habitants dont 95% sont des métis. Une particularité

culturelle du pays : avec l'espagnol, le guarani (langue ancestrale des Indiens) est l'une des

deux langues nationales. Au Paraguay règne un climat subtropical. Le Río Paraguay partage

le pays en deux régions très différentes : la région orientale (Oriente) et la région occidentale

(Chaco). Le 90 % de la population vit dans la région orientale bien arrosée et fertile et bien

que la végétation naturelle se fasse de plus en plus rare la faune se constitue encore de

beaucoup d'espèces. Par contre, le Chaco occidental, vaste plaine au sol maigre, une sorte

de steppe très sèche, est pratiquement inhabitée. Malgré l'exploitation abusive de la forêt, il

abrite encore quelques 600 espèces d'oiseaux.

Le Paraguay connut la plus longue dictature de l'Amérique du Sud. Le général Alfredo

Stroessner prit le pouvoir lors d'un coup d'état en 1954 et régna pendant 35 ans sur le pays.

Il mourut en août 2006, en exil au Brésil, ayant pu jusqu'à la fin échapper à la justice.

Depuis le renversement de Stroessner en 1989, le Paraguay est une démocratie mais une

situation politique instable règne sur le pays qui souffre d'une grande dette extérieure et

surtout de corruption. La pauvreté parmi la population augmente avec pour conséquence

l'exode rural, l'émigration et le travail des enfants.

Une fois de plus, la Journée mondiale de prière offre la possibilité de se rapprocher d'un

pays d'une façon différente en "s'informant pour prier", première partie de la devise de la

JMP. Mais la démarche ne s'arrête pas là. La Journée mondiale de prière de Suisse soutient,

grâce à sa collecte, des projets au Paraguay et dans d'autres pays et met ainsi en pratique la

seconde partie de sa devise "prier pour agir".

Les chrétiennes et chrétiens du Paraguay s'efforcent de vivre "unis sous la tente de Dieu" et

de croire en la puissance de Dieu qui guérit et stimule. Avec le symbole du ñanduti

paraguayen - une fine dentelle artisanale faîte de différents motifs assemblés pour former un

tout - les femmes du Paraguay nous encouragent à croire en la force de Dieu qui nous relie

les uns aux autres. Elles nous invitent à prier tout autour du monde, unis sous la tente de

Dieu.

 

 

 

Prédication de Anne GEORGES,
Église évangélique "Galaxie" - Antibes :

 

JMP 2007 PARAGUAY: Unies sous la Tente de Dieu
Genèse 18:1-15 , Ephésiens 4: 1-16

 

 

"Il y a un seul corps et un seul esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance. Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême; un seul Dieu et Père de tous, qui règne sur tous, qui agit par tous, et demeure en tous.”

Cette magnifique confession de foi – et l'ensemble du passage de la lettre aux Ephésiens choisi par les femmes du Paraguay – nous ramène au coeur même de l'esprit de la Journée Mondiale de la Prière: l'unité du corps du Christ, l'Eglise, autour de sa tête, le Christ, pour son édification dans l'amour.

 

Pour cette édification, Dieu a répandu, par son esprit qui vit en nous, diversité de dons et chacun de nous en a  reçu , je relis le verset 7 : à chacun de nous cependant la grâce a été donnée, d'où cette parole, et là pour appuyer son argumentation, l'apotre Paul va citer le verset 19 du Psaume 68: “ Monté dans les hauteurs, il a capturé des prisonniers, il a fait des dons aux hommes”. Texte qu'une tradition de lecture juive  (Tg) appliquait à la montée de Moïse au Sinaï pour recevoir la loi puis la donner au peuple. Et l'apôtre continue: Il est monté! Qu'est-ce-à dire, sinon qu'il est aussi descendu jusqu'en bas sur la terre? “Ici, la nouveauté est grande: notre rabbin Paul commente ce texte en disant que celui qui est monté, c'est le même que celui qui est descendu  (sur la terre et jusqu'à la croix), c'est une autre manière de confesser le credo fondamental: le ressuscité, c'est aussi le crucifié”. Et Paul continue de développer ,  v10: celui qui est descendu, c'est aussi celui qui est monté plus haut que tous les cieux, afin de remplir l'univers. Le Christ a répandu son Esprit à la 1ère Pentecôte qui a suivi son ascension. Jusqu'alors on célébrait à la Pentecôte la fête du don de la loi. Et le rabbin Paul continue ici, non pas par l'évocation de la venue de l'esprit, mais par l'énumération des différents ministres “donnés” à l'Eglise pour réaliser son édification.

 

Et les dons qu'il a faits, ce sont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs, et des chargés de l'enseignement, afin de mettre les saints ( il s'agit de ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et de nous aujourd'hui) en état d'accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, jusqu' à ce que nous parvenions tous ensemble à l'unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude. On remarquera ici que foi et connaissance du Fils de Dieu sont vraiment liés dans le verset. Et l'une ne va pas sans l'autre. La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la Parole de Dieu (Ro10:17), Jésus, La Parole. Pour que notre foi grandisse , que notre connaissance du Fils de Dieu grandisse,  pour que Christ prenne toute sa dimension en nous, il est v i t a l que nous prenions du temps pour mieux connaitre la Parole. Il existe surement des partages bibliques dans nos paroisses, des études bibliques dans nos églises, des cours Alpha ou autour de nous des Rendez-Vous avec la Bible, où nous pouvons nous joindre.

Et on touche au but maintenant: v14 et suivants: Ainsi, nous ne serons plus des enfants, ballottés, menés à la dérive à tout vent de doctrine, joués par les hommes et leur astuce à fourvoyer dans l'erreur. Mais confessant la vérité dans l'amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête, Christ. Et c'est de lui que le corps tout entier, coordonné et bien uni grâce à toutes les articulations qui le desservent, selon une activité répartie à la mesure de chacun, réalise sa propre croissance pour se construire lui-même dans l'amour.

 

 “Dans ce passage, il y a toute une réflexion  sur la foi et l'unité. La vision de la croissance du corps du Christ repose d'aplomb sur la confession de son unité. Paul met en lumière le lien très fort qui existe entre l'unité de Christ et l'unité de l'Eglise. Le ministère des “saints” est justement d'édifier le corps de Christ (4:12) afin que le corps tout entier réalise sa propre croissance pour s'édifier lui-même dans l'amour (4:16). Et cette vision de l'Eglise, corps de Christ , correspond à une claire répartition des responsabilités de chacun, “selon une activité à la mesure de chacun”. Un éclairage nouveau est donné au corps du Christ. Les affirmations sur le Christ comme tête du corps, sur la mission de l'Eglise, sur l'attribution des ministres, eux, les ligaments de soutien du corps, soulignent la souveraineté de Christ sur son peuple dans l'espace et le temps. Réciproquement, il y a une responsabilité de l'Eglise qui a l'univers comme horizon. C'est ce qui est annoncé en ouverture de la lettre aux Ephésiens: “réunir l'univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. (1:10).” (cf notes de Florence Blondon, pasteur ERF Montpellier, données pour la préparation de la JMP)

 

Même si ce n'est qu'une fois par an, participer à la Journee Mondiale de la Prière qui se réunit sur les cinq continents aux quatre coins du globe, à la même date chaque année, le premier vendredi de mars, est une occasion magnifique d'édification du corps de Christ !

 

Un seul Seigneur, une seule foi... Dans la Bible, l'homme de foi par excellence, c'est Abraham, le père des croyants. Lorsque sur l'appel du Seigneur, Abram quitte son pays, il est déjà un homme dans la maturité de l'âge, mariée à une très belle femme, Saraï, mais elle est stérile. Dès le début et tout au long du périple qui va l'amener en terre de Canaan, une promesse  tient Abram: celle de sa descendance. La vie d'Abram est marquée par ses rencontres avec Le Seigneur, ses promesses dans lesquelles il met sa foi;  mais au fil des années et de la longue attente de l'accomplissement de la promesse, celle d'une descendance innombrable, la foi d' Abraham vacille puisqu'Abram n'a pas de descendance. Il tentera avec ses moyens humains de remédier à cette situation et  Ismaël naîtra. Mais ce n'est pas lui le fils de la promesse.

 

 Après cette naissance, la  promesse est renouvelée et scellée par l'alliance de la circoncision, c'est justement dans le chapitre qui précède notre passage. Et là, Abram  reçoit un nouveau nom : Abraham (père d'une multitude), et sa femme aussi : Saraï (ma princesse) devient Sara (princesse), comme pour mieux souligner l'universalité de la postérité d'Abraham. Et Dieu annonce à Abraham que Sara lui donnera un fils dont le nom sera Isaac, ce qui veut dire: “Il a ri”; c'est  l'humour de Dieu pour répondre au rire d'incrédulité d'Abraham. Il faut dire que l'annonce d'un enfant à un couple agé de 99 et 90 ans a de quoi faire sourire.

Et dans notre passage, c'est Sara qui va rire, et c'est à Sara en personne, pourtant bien cachée à l'abri de sa tente, que le Seigneur veut faire l'annonce, pour lui révéler qu'Il connait les pensées cachées des coeurs et pour ancrer la foi de Sara en Sa parole, et non plus par l'intermédiaire de son mari. C'est toujours une relation personnelle que Dieu veut établir avec chacun.

 

Cette parole: “Y-a-il une chose trop prodigieuse pour le Seigneur” traverse toute la Bible en passant par le prophète Jéremie (32:27) pour arriver non plus à l'abord d'une tente, mais dans une maison de Nazareth, une ville discrete de Galilée,  pour l'annonce d'un fils, le Messie d'Israël, à une vierge nommée Marie. L'ange Gabriel, en annonçant aussi à Marie que sa vieille cousine Elisabeth, qui était stérile, est enceinte de 6 mois lui rappelle cette promesse magnifique  car rien n'est impossible à Dieu “. ( Luc 1:37)

“L'histoire des naissances impossibles ne cesse de traverser la Bible, comme pour nous rappeler que toute naissance est un miracle.

 

Et pour chacun de nous, qu'en est-il du fils de la promesse?
Avons-nous désiré, avons-nous demandé, avons-nous reçu la Parole de vie en notre coeur? Il faut aussi un miracle pour cette nouvelle naissance, spirituelle, du fils de Dieu dans notre coeur. A l'être humain, c'est impossible, mais à Dieu
tout est possible. Y-a-t-il rien d'étonnant de la part du Seigneur?

 

Que nous puissions toujours garder en mémoire cette promesse pour :

         être fortifiés dans notre foi et être “pleinement convaincus que ce qu'Il a promis, Dieu a aussi la puissance de l'accomplir” (Ro 4:21),

         et puis, “espérer contre toute espérance” et recevoir de la part du Seigneur ce que Lui seul peut nous donner: une nouvelle vie en Jésus-Christ  par Son Esprit,

         et enfin nous mettre en marche à son service, avec la foi que Dieu renouvelle en nous et l'amour dont Il nous remplit.

 

Je concluerai par l'exhortation de l'apôtre Paul, lue tout à l'heure:

 accordez votre vie à l'appel que vous avez reçu; accordons notre vie à l'appel que nous avons reçu:

 quel  est notre appel ?

Si nous ne connaissons pas notre appel, demandons-le au Seigneur dans la prière, et continuons à le lui demander jusqu'à ce qu'il nous réponde.
La prière est un combat. Même si on ne voit pas d'aboutissement, il faut persévérer et continuer, comme Abraham à attendre la réalisation de la promesse.   Il n'y a pas de temps mort avec le Seigneur, il se sert de cette saison de l'hiver pour travailler en nous, faire nos racines qui produiront au “temps du renouveau” feuilles, fleurs et fruit..

en toute humilité et douceur, avec patience, supportons-vous les uns les autres dans l'amour; appliquons-vous à garder l'unité de l'esprit par le lien de la paix.” (4:1b-2) A nous c'est impossible, mais à Celui qui habite en nous par Son Esprit, tout est possible!

 

 

Anne Georges
Prédication de la JMP (Journée Mondiale de prière)
Antibes, vendredi 02 mars 2007-03-05

 

 

Journée Mondiale de Prière - rencontre 2006 Antibes-Juan-les-Pins / France

Par JMP Antibes :: 05/03/2006 à 12:58

 

 

"Signes des temps"





 




Journée mondiale œcuménique de prière

avec les femmes d'Afrique du Sud,
la "nation arc-en-ciel"


 




 

Prédication de Martine-Blanche Yéble Oga-Poupin
Paroisse – Église réformée de France


Lecture : 

Matthieu 26, 1-13

1 Or, quand Jésus eut achevé toutes ces instructions, il dit à ses disciples: "Vous le savez, dans deux jours, c’est la Pâque:
2 le Fils de l’homme va être livré pour être crucifié."
3 Alors les grands prêtres et les anciens du peuple se réunirent dans le palais du Grand Prêtre, qui s’appelait Caïphe.
4 Ils tombèrent d’accord pour arrêter Jésus par ruse et le tuer.
5 Toutefois ils disaient: "Pas en pleine fête, pour éviter des troubles dans le peuple."
6 Comme Jésus se trouvait à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux,
7 une femme s’approcha de lui, avec un flacon d’albâtre contenant un parfum de grand prix; elle le versa sur la tête de Jésus pendant qu’il était à table.
8 Voyant cela, les disciples s’indignèrent: "A quoi bon, disaient-ils, cette perte?
9 On aurait pu le vendre très cher et donner la somme à des pauvres."
10 S’en apercevant, Jésus leur dit: "Pourquoi tracasser cette femme? C’est une bonne oeuvre qu’elle vient d’accomplir envers moi.
11 Des pauvres, en effet, vous en avez toujours avec vous; mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours.
12 En répandant ce parfum sur mon corps, elle a préparé mon ensevelissement.
13 En vérité, je vous le déclare: partout où sera proclamé cet Evangile dans le monde entier, on racontera aussi, en souvenir d’elle, ce qu’elle a fait."





Prédication :

Les célébrations des JMP (Journée Mondiale de Prière) se succèdent au fil des ans et se ressemblent dans la continuité des textes soumis à notre méditation. L’année passée, le texte de méditation portait sur le passage de 2 Rois chapitre 5. Texte où Naaman, chef d’état major de l’armée Syrienne (si l’on peut ainsi l’appeler), Naaman, celui-là même qui a conçu le plan de guerre et conduit l’armée syrienne à la victoire face à un affrontement armé avec Israël, Naaman en question a été frappé par la lèpre. Et pour guérir de sa lèpre, il lui a fallu se rendre auprès d’Elisée, prophète d’Israël. En d’autres termes, c’est d’Israël, l’adversaire de la Syrie, le vaincu de la Syrie, que Naaman devait obtenir la guérison. Un texte qui nous enseigne le pardon infini. En effet, comment après avoir subi une défaite humiliante de la part de l’armée Syrienne, Israël pouvait accepter de cœur joie, d’octroyer la guérison à Naaman ; celui-là même qui, à la tête de l’armée syrienne, a conduit les opérations qui ont provoqué la défaite de l’armée d’Israël ? Le pardon infini. C’est ce que le prophète Elisée a accompli par la guérison de Naaman. Du coup, nos consciences sont interpellées. Nous qui ne pardonnons jamais les offenses de nos voisins, de nos parents proches. Parfois même de nos conjoints et qui faisons payer aux autres le moindre mal qu’ils nous ont fait. Nous qui passons notre temps à ruminer vengeance pour les moindres offenses subies. Le prophète Elisée et par delà Israël, nous donne un exemple de pardon infini devant le pire ennemi.

Et le texte de 2 Rois que nous avons médité au cours de la JMP l’année passé ne s’arrête pas seulement au niveau du pardon infini. Il va plus loin. En effet, Face au prophète Elisée qui lui demande d’aller se baigner sept fois dans le fleuve Jourdain pour retrouver une peau saine et pure, Naaman opposera une résistance farouche en évoquant les fleuves de Damas que sont l’Abana et le Parpar. Il interroge : Les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? L’attitude de Naaman rappelle bien de nos attitudes et comportements envers les lois établies et envers l’évolution de nos sociétés. Face au progrès rapide et vertigineux de nos sociétés, devant les bouleversements sociaux dignes des sociétés en mutations, et face au dépaysement qui est nôtre, ne nous arrive-t-il pas de nous rebeller devant les nouveaux ordres qui nous bousculent dans nos certitudes séculaires et nos habitudes anciennes ? Combien de fois répétons-nous « de mon temps, on faisait ceci, on faisait cela, dans mon village, dans mon pays c’était plus beau et plus supportable...etc. »
Certes, mon frère, ma sœur, de ton temps, dans ton village, dans ton pays, tout était brillant. Mais maintenant, un nouveau monde se met en place. Une nouvelle dynamique de vie t’est offerte et tu es invité à t’y inscrire résolument à la manière de Naaman qui malgré tout, finira par accepter de se baigner sept fois dans le Jourdain. Et c'est à ce prix, que sa peau est devenue saine et pure. Ce commandement s’adresse aussi à toi ma sœur, à toi mon frère : va, baigne-toi dans le Jourdain sept fois. Et ta peau deviendra pure et saine. En d’autres termes, renonces à tes habitudes, répands-toi, crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé. C’était le message de la JMP de l’année passée.

Nous venons maintenant au texte de la JMP d’aujourd’hui. Ce texte de Matthieu 26,1-13 qui lui aussi, s’inscrit toujours dans la continuité des textes de la JMP. Ce passage de Mathieu 26, 1 à 13 est appelé « l’onction de Béthanie ».
Dans ce texte, alors que Jésus évoque le complot dont il va être victime, survient une femme, dont on ne mentionne pas le nom. Cette femme, d’après le texte, vient avec du parfum de grand prix et le verse sur la tête de Jésus. La scène se passe à Béthanie, le village de Lazare ressuscité trois jours après sa mort. Mais aussi, Béthanie, c’est le village de Marthe et Marie, les sœurs de Lazare. Le mot Béthanie en Hébreu, signifie lui-même « la maison du pauvre ». Si ce village porte bien son nom, c’est-à-dire que si il est effectivement la maison du pauvre, et donc un village où vivent des hommes et des femmes pauvres, entièrement démunis, on peut bien comprendre pourquoi les disciples se sont offusqués de ce qu’un parfum aussi cher ne soit pas vendu, avec les fonds de vente redistribués à ces pauvres. Mais là, ce n’est qu’une parenthèse. Nos préoccupations sur ce texte s’articulent autour de deux questions.
Première question : pourquoi ne connaît-on pas le nom de la femme qui a versé ce parfum si cher sur la tête de Jésus ?
Deuxième question : pourquoi les disciples se sont-ils offusqués devant l’attitude de cette femme apparemment généreuse ?
Essayons de répondre à la première question. L’oubli volontaire ou involontaire du nom de la femme qui a oint le Seigneur Jésus. Chose étrange. Comment peut-on ignorer le nom de l’auteur d’un récit d’une si grande importance ; récit dont Jésus lui-même a prévu qu’il serait fait mention partout où l’évangile serait annoncé ? Chose étrange, chose curieuse. Une Théologienne tente de nous apporter une réponse. De nationalité Allemande, cette Théologienne, du nom d’Elisabeth SCHÜSSLER Fiorenza affirme, et je cite : « Dans le récit de la Passion de l’évangile de Marc, trois disciples se distinguent avec netteté : d’une part, deux des douze –, Judas qui trahit Jésus et Pierre qui le renie -, d’autre part, la femme dont le nom nous est inconnu, qui parfume Jésus lors de ce qu’il est convenu d’appeler « l’onction de Béthanie ». Mais, tandis que l’histoire de Judas et celle de Pierre sont gravées dans la mémoire des chrétiens, l’histoire de cette femme est pratiquement oubliée. Bien que, chez Marc, Jésus affirme : « En vérité je vous le déclare, partout où sera proclamé l’Evangile dans le monde entier, on racontera aussi, en souvenir d’elle, ce qu’elle a fait. Le geste prophétique de cette femme ne fait pas partie de ce que la plupart des chrétiens ont retenu de l’Evangile. Et même le nom de cette femme a été perdu pour nous. Partout où l’Evangile est proclamé et l’eucharistie célébrée, une autre histoire nous est dite, celle de l’apôtre qui a trahi Jésus. On se rappelle le nom du traître, mais on a oublié le nom de cette disciple fidèle parce que c’est une femme. » fin de citation.
Mais mon frère, ma sœur, toi qui m’écoute aujourd’hui, pourquoi un tel oubli ? La réponse est simple. C’est parce que l’histoire de Jésus s’est déroulée dans un monde juif dominé par le patriarcat. Par la suite, cette histoire a été écrite et rédigée d’une manière à la rendre plus attrayante à un public gréco-romain lui aussi de mentalité patriarcale.

Le texte nous dit qu’une femme inonde Jésus d’un parfum de grand prix. Cet incident provoque immédiatement des objections du côté des disciples. Quant à Jésus, non seulement, il désapprouve les disciples, mais encore, il justifie le geste de la femme. Nous en venons à notre deuxième question : mais, pourquoi les disciples ont mal perçu l’acte de la femme envers Jésus ; Est-ce vraiment par souci pour les pauvres comme ils l’ont laissé entendre ?
La réponse est non. Et Jésus connaît bien leurs pensées et voilà pourquoi il les désapprouve. De même, par la réaction des disciples, on est sûr que cette femme au nom inconnu n’a pas fait que verser l’huile sur les pieds de Jésus. Bien plus, elle a oint d’huile Jésus, en lui versant l’huile, non sur les pieds, mais sur la tête. C’est cela qui irrite les disciples. En effet, verser de l’huile sur la tête d’une personne dans la tradition juive est un acte significatif, voire un acte symbolique. Car, dans la tradition juive, il arrive que l’on verse du parfum sur les pieds de quelqu’un pour lui manifester un sentiment noble. Par exemple, le lavement des pieds comme le versement du parfum au pied d’une personne sont des gestes ordinaires et très courants dans la société juive. Gestes qui montrent l’amitié, la solidarité, la fraternité, la sympathie entre des amis, des parents ...etc. Par contre, le versement d’huile sur la tête d’une personne reste lui, un acte privilégié, réservé au strict usage des prophètes. Car c’est à travers l’onction d’huile sur la tête que les rois étaient désignés et les prophètes reconnus. Et dans l’ancien Testament, le prophète marquait de l’onction de la tête le roi d’Israël. Voilà pourquoi les disciples de Jésus étaient vexés et irrités de l’acte posé par la femme. Car, à travers son acte, la femme au nom inconnu a été la première personne à reconnaître et à attester officiellement la messianité de Jésus. Un homme, Pierre, fils de Zébédé, ancien pêcheur, a confessé la messianité de Jésus sans trop y croire. La femme, elle, non seulement l’a reconnue mais encore, elle l’a attestée par le sceau de l’onction !
Du coup, selon Elisabeth Schüssler Fiorenza et je cite : « Etant donné que dans l’Ancien Testament le prophète marquait de l’onction la tête du roi d’Israël, l’onction faite sur la tête de Jésus a dû être immédiatement comprise comme la reconnaissance prophétique de Jésus, l’Oint, le Messie, le Christ. Selon la tradition, c’était une femme qui devait nommer Jésus par un geste prophétique. C’était une histoire politiquement dangereuse. » fin de citation.
Devant une telle situation, il fallait brouiller les pistes, notamment par l’omission volontaire du nom de cette femme pour éviter qu’elle ne rentre dans l’histoire. Mais aussi, il fallait la rabrouer, la réprimer, la persécuter même à cause de sa prétention à vouloir réorienter le sens de l’histoire, en se substituant volontairement au prophète pour oindre Jésus de la tête. Car, de par sa prétention de vouloir se substituer au prophète, elle qui n’est qu’une femme c’est-à-dire, maillon faible de le société d’alors, elle bousculait la tradition. Ce qui est inacceptable pour les tenants rigoureux de cette tradition. Voilà pourquoi les disciples s’en sont pris à elle. Pourquoi n’a-t-on pas vendu un parfum aussi cher pour redistribuer les fonds aux pauvres ? Se sont-ils exclamés devant leur refus de voir leurs habitudes bousculées. Comme Naaman dans le livre des Rois : l’Abana et le Parpar à Damas ne valent-ils pas mieux que tous les fleuves d’Israël ?

Et pour ce qui nous concerne, vous et moi aujourd’hui : pourquoi faisons-nous ceci ou cela de nos jours alors que du temps de nos pères c’était ainsi ? Pourquoi mon voisin, ma voisine devrait-il avoir ceci ou cela et non moi ? Et pourquoi celui-là ou celle-là dont mes aïeuls ont colonisé puis évangélisé les ascendants devrait-il aujourd’hui m’enseigner moi la parole de Dieu ou même les valeurs républicaines ? Pourquoi un nègre ou un Arabe devrait-il se retrouver parmi les instances les plus hautes de la cité voire de la république ? Comment les descendants d’anciens esclaves devraient-ils exercer des fonctions administratives dans nos bureaux ; eux qui devraient faire du ménage à perpétuité ? Pourquoi les immigrés devraient-ils occuper les fonctions dévolues aux Français de souche ? Et pourquoi viennent-ils épouser nos filles et nos fils ; eux qui sont des sous-hommes ? D’ailleurs, que viennent-ils chercher chez nous alors qu’ils n’ont pas la même culture que nous ? Allons, chassons-les de chez nous ; ou alors, qu’ils restent chez nous, mais en clandestinité. Surtout, ne jamais les régulariser. De peur qu’ils n’occupent les emplois de nos enfants. D’ailleurs, ne leur louons pas nos appartements. Chez eux, ils ne dorment que dans les arbres.


De l’autre côté des anciens colonisés, ce n’est guère brillant. Ecoutons-les : pourquoi ceux et celles, c’est-à-dire les Blancs, dont les ascendants ont asservi nos ancêtres par le commerce triangulaire devraient-ils continuer à vivre dans nos pays et continuer de nous piller à la manière de nos ancêtres ? Que font-ils encore dans nos pays alors que nous avons acquis l’indépendance depuis des décennies et qu’on a plus besoin d’eux ? Pourquoi ne les poursuivons-nous pas devant les tribunaux compétents pour tout le mal que leurs ancêtres ont fait aux nôtres afin qu’ils nous dédommagent ? Ne nous ont-ils pas assez volé nos matières premières ? Comment se fait-il que nous qui sommes assis sur des gisements miniers, nous sommes dans la misère alors que ceux qui n’ont que la neige pour matière première se la coulent douce ? D’ailleurs, d’où vient tout ce fer qui a servi à bâtir la Tour Eiffel alors que la France n’a pas un seul fer dans son sous-sol ? Et pourquoi devraient-ils posséder des terres dans nos pays alors qu’ils sont des étrangers chez nous ? Allons, empêchons-les de continuer à nous piller. Exproprions-les de toutes les terres qu’ils nous ont volées. Qu’ils rentrent tous chez eux. Avec leurs mœurs dissolues, leurs perversions sexuelles.
Les faux prophètes renchérissent : puisque les missionnaires et les colonialistes ont débarqué dans le même bateau, renions l’évangile de Jésus qu’ils nous ont apporté et retournons à nos religions traditionnelles comme le Vaudou par exemple. Ou, devenons simplement athées pour devenir d’authentiques citoyens de nos pays.
Et çà, ce n’est que le tableau des relations entre l’Europe et l’Afrique. Que dire des relations entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud ? Entre la Russie et les peuples du Caucase ? La Chine et le Tibet ? L’Amérique et les terroristes Islamistes ? En Afrique du Sud même, thème de notre journée Mondiale de Prière aujourd’hui, c’était le cas jusqu’à une époque récente. Elle est longue. Trop longue même. La liste de nos plaintes et de nos frustrations face au monde qui évolue. Et l’Afrique du Sud est là, pour nous montrer par son exemple passé, comment ces frustrations peuvent occasionner parfois des situations incontrôlables, dramatiques et tragiques.

Naaman refuse de faire de l’ombre aux fleuves de Damas que sont l’Abana et le Parpar pour faire la publicité au fleuve du Jourdain. Quant aux disciples de Jésus, ils refusent d’être à l’ombre en tant qu’hommes, pour honorer une simple femme en lui accordant les pouvoirs de prophétesse à travers l’onction de Jésus. Seulement voilà, ils savent s’y prendre pour voiler leurs réelles intentions. C’est ainsi qu’ils donnent l’impression de se soucier des pauvres alors qu’il est question d’eux-mêmes.
Mon frère, ma sœur, réfléchissons nous-mêmes : combien de fois nous avons fait obstruction nous aussi au rayonnement de l’autre ? Combien de fois nous nous sommes mis en travers les bonnes actions, juste pour empêcher qu’elles ne profitent pas à ceux que nous ne portons pas dans nos cœurs ? Que n’avons-nous pas entendu ici et là lorsqu’il s’agissait d’aider le tiers-monde ? Toutes les raisons sont bonnes pour qu’on n’aide pas le plus nécessiteux. Par exemple, le fait qu’ils ne sont pas chrétiens comme nous, ou alors que nous ne croyions pas en la sincérité de leur foi en Jésus, ou même alors le fait que nous pensons qu’on a suffisamment fait pour eux et que maintenant, il faut penser à nos propres pauvres.

Mon frère, ma sœur, devant nos folies, nos attitudes insensées et nos propensions retrogrades, voire nos comportements indignes d’enfants de Dieu, voici l’attitude de Dieu et c’est la bible qui nous la révèle : « Dieu du haut des cieux, regarde les fils de l’homme pour voir s’il y en a qui pratiquent le bien. Il n’y a aucun salut pour les hommes. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » Voilà pourquoi le Psalmiste prie en ces termes : « Seigneur, si tu comptes nos fautes, qui pourra subsister ? Ta justice est trop haute, qui pourra résister ? Mais, le pardon se trouve auprès de toi Seigneur. Pour que nos cœurs éprouvent, la crainte de leur rois. » Psaume 130.

Pourquoi le Jourdain et non l’Abana et le Parpar ; demande Naaman. Et pourquoi ne vent-on pas ce parfum si cher pour aider les pauvres ; questionnent les disciples.
Quant à nous aujourd’hui : c’est, pourquoi un ou une telle et ses enfants, et non pas moi et mes enfants ? Mais pourquoi devons-nous faire ceci plutôt que cela ?
Mon frère, ma sœur, devant toutes ces questions que nous nous posons face aux changements de nos sociétés, changements de nos sociétés qui font souvent vivre ensemble ceux que l’histoire a séparés hier, Jésus a une seule réponse « aime ton prochain comme toi-même. »

Et devant nos refus de voir changer les anciennes habitudes comme Naaman et les disciples de Jésus, voici ce que le Seigneur Jésus nous dit : « Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu et en moi. Il y a plusieurs demeures au ciel dans la maison de mon père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin » Jn 14. Mon frère, ma sœur, un monde nouveau se met en place pour toi et pour moi. C’est Dieu qui le met en place par son fils Jésus. Nous n’y pouvons rien. Car, Dieu ne tient pas compte de notre avis. Il ne dépend pas de ce que nous sommes mais bien de ce qu’il peut et veut faire de nous. Un nouveau monde se met en place. Pour toi et pour moi. Sachons en lire les signes. Hier, l’Afrique du Sud était un peuple morcelée, meurtrie et brisée. Aujourd’hui, elle est une nation unie, la Nation Arc en Ciel. Ne serait-elle pas la préfiguration du monde nouveau qui vient, et se qui se met en place ? Sachons lire les signes du temps. Car, ainsi parle le Seigneur Jésus : « Quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le blé est mûr et le temps de la moisson proche. » Paroles du Seigneur. Amen.



Martine-Blanche Yéble Oga-Poupin
Prédication de la JMP (Journée Mondiale de prière)
Antibes, vendredi 03 mars 2006





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